Juste pour un instant, il aura laissé tomber l’armure. C’est vrai, Ryota ne se raconte pas souvent.

Ryota, le combattant silencieux

Il fait partie de ces personnes qui ne montrent jamais tout d’eux‑mêmes d’un coup. On le voit danser, on le voit rapper, on le voit sourire. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est la bataille intérieure qui l’accompagne depuis des années. Une bataille silencieuse, presque obsessionnelle : avoir de la valeur, être quelqu’un.

Ce qui rend cette entrevue particulière, c’est qu’il ne parle pas seulement de technique ou de performance. De fils en anguilles, il parle de peur, de discipline, de solitude. Il s’étend sur cette sensation étrange d’être à la fois son propre moteur… et son propre obstacle.

Ce qu’il dit n’est pas anodin : « La personne qui me fait le plus peur, c’est moi. » Cette phrase, prononcée sans détour, ouvre une porte sur la psyché de quelqu’un qui vit dans un rapport permanent à la progression, à la discipline, à l’exigence. L’adversaire n’est jamais extérieur. Il est intérieur, mouvant, insaisissable. Être son propre moteur, c’est une force, oui. Cela signifie avancer même quand personne ne pousse, même quand personne ne regarde. C’est se lever un matin et décider que la version d’hier n’est plus acceptable. C’est ressentir une faim qui ne dépend ni des compliments, ni des résultats, ni des applaudissements. C’est une autonomie presque dangereuse : celle de ne jamais attendre que quelqu’un d’autre dise « vas‑y » pour y aller.

Mais être son propre moteur implique aussi d’être son propre frein. Car quand on se fixe soi‑même la barre, on peut aussi la placer trop haut ou pas assez. Quand on se juge soi‑même, on peut devenir un juge plus sévère ou laxiste. Quand on se pousse soi‑même, on peut aussi s’épuiser soi‑même.

Ryota ose ici parler de cette tension avec une honnêteté jugée désarmante. Il évoque les moments où il veut abandonner, les jours où il baisse sa garde, les instants où la tristesse prend le dessus. Il ne romantise pas l’effort. Il ne glorifie pas la souffrance. Il dit simplement la vérité : « Ce monde n’est pas facile. »

Ce qui est fascinant chez lui, c’est que cette lutte intérieure n’est pas destructrice. Elle construit et façonne. Elle forge sa manière de danser, de rapper, de penser. Elle crée un rapport au temps très particulier : le passé comme fondation, le présent comme test, le futur comme rival. Ryota ne cherche pas à être meilleur que les autres. Il cherche à être meilleur que lui‑même, ce qui est infiniment plus difficile.

Ryota ne se raconte pas souvent. Personne ne dira le contraire. Mais, aujourd’hui, il le fait.

Et c’est peut‑être la première fois qu’on entend sa voix intérieure aussi clairement.

Demona Lauren : Tu es danceur et rappeur principaux. Quand te sens‑tu le plus honnête, authentique avec toi-même : quand ton corps parle, ou quand ce sont les mots qui le font ?
Ryota : Je ne suis jamais satisfait de mes compétences .. La danse, le rap, la musique… tout est difficile.
Que ce soit facile ou non, je me confronte à moi‑même chaque jour, je cherche, j’étudie, je pratique.

Je veux devenir quelqu’un qui combine ces deux arts d’une manière que personne n’a encore faite. Un performer capable d’un genre totalement nouveau.

Mais même en m’entraînant sans relâche, ce n’est pas toujours simple d’exprimer tout ça sur scène. Parfois, l’un des deux côtés devient flou.

Le moment où je me sens le plus moi‑même, c’est quand je parviens à montrer la même émotion dans le rap et dans la danse, quand ma voix, mon ton, mes mouvements, ma force et mes nuances racontent exactement la même chose.

DL : Tu as déjà dit que ce qui te fait le plus peur, c’est “toi‑même”. Pourquoi ?
Ryota : Chaque année, je dois évoluer. Je ne peux pas m’arrêter. Le temps avance.
Le résultat dépend de ma passion quotidienne, de mes actions, de combien je change.

Il y a des moments où j’ai envie d’abandonner, où je veux tout arrêter.
Des moments où je baisse ma garde, où je me sens triste.
Honnêtement, c’est dur. Ce monde n’est pas facile.

Mais je ne veux pas perdre. Je ne peux pas me permettre de perdre.
Chaque jour est un combat contre moi‑même.
C’est pour ça que la personne qui me fait le plus peur… c’est moi.

DL : Si “toi‑même” est ta plus grande peur, cette version de toi ressemble à quoi : un rival, un juge, ou une ombre du passé ?
Ryota : Je vois mon moi du passé, mon moi du présent, et même mon moi du futur.
Je ne veux pas — et je ne dois pas — oublier ce que mon passé a vécu.
C’est ce qui forme mon cœur aujourd’hui.

Mon rival, c’est mon futur moi.
Je dois continuer à me battre pour le dépasser.

DL : Dis-moi si je me trompe, mais il me semble que ton MBTI est passé de ENTJ à ISFP. Oublions les lettres : qu’est‑ce qui a vraiment changé en toi ?
Ryota : Ma façon de penser est devenue plus profonde, plus étendue.
Ma manière de me confronter à moi‑même a changé.
Je réprime certaines parties de moi, mais je protège le noyau qui me définit.

DL : Tu dis être attiré par les gens qui pensent comme toi. Dans ONE OR EIGHT, qui bouscule le plus ta manière de réfléchir ?
Ryota : Neo.
Il est incroyablement analytique en musique et a une vision très large.
Même quand un morceau est intense, il reste calme dans sa performance. Il pense à des choses comme : “Est‑ce qu’on peut impliquer le public ici ?”, “On ajoute un moment de hype ?”, “Un ad‑lib fonctionnerait ?”. J’aime les idées un peu inhabituelles, et il est au moins similaire à ce niveau‑là, mais il va encore plus loin.
J’apprends beaucoup de lui.

DL : En parlant de calme, quand la tension monte, comment ton esprit gère-t-il la situation — et qu’est‑ce qui fonctionne vraiment ?
Ryota : Personnellement, je calme mes propres nerfs.
La scène est mon champ de bataille.
Sans changer l’atmosphère, j’ajuste mon état d’esprit avec du renforcement musculaire, des vocal warm‑ups, et les chansons que j’écoute toujours avant une performance.

DL : As‑tu déjà réalisé que tu allais trop loin en privilégiant les gens qui te ressemblent — en rejetant trop vite une perspective différente ?
Ryota : Mais, en réalité, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui me ressemble vraiment.
J’aimerais bien voir cela un jour.

ONE OR EIGHT — 1st LIVE TOUR GATHER (NORTH & SOUTH AMERICA)
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Remerciements spéciaux à la formidable team : A, G et G, ainsi qu’à AVEX Japan et aux garçons de ONE OR EIGHT.

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Posted by:Demona Lauren

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